lundi 26 mars 2012

*ù$°" GRAND JEU CONCOURS ~|=%**






























Eh mais au fait, je viens juste de voir que la très-symbolique barre des 100 messages a été franchie, alors pour l'occasion, je vais disperser un peu de joie dans le monde, et on va dire que vous avez le droit, dans l'espace-commentaires, de poster des idées de dessins (mots-clés, images googlées ou haikus), et que j'en sélectionnerai très arbitrairement une qui m'inspirera, et que je la réaliserai pour le vainqueur sur du vrai papier avec du stylo ou des craies grasses, et peut-être même un cadre, une spécial-dédicace et tout et tout.
Des poutoux!

Christian, en pied

J'en avais parlé ici, et puis j'ai eu envie de le dessiner, après cette soirée où il avait sifflé et dansé sur sa chaise un peu plus que d'ordinaire, dépité par l'oubli d'une serveuse maladroite qui l'avait contraint à quitter le café le ventre vide, non sans avoir ostensiblement froissé quelques journaux en murmurant "scheisse" pour montrer aux autres clients (=un pilier de comptoir en lunettes de soleil) qu'il avait été victime d'une injustice.

(Christian dit "ce potage sud-américain" pour commander un chili con carne, et, faute de ne jamais être traité comme un habitué malgré ses visites quasi quotidiennes, réclame toujours la même boisson, un radler avec plus de fanta que de bière, dans un verre dont il sait qu'il n'y en a qu'un exemplaire au café. Une fois qu'il a son radler, Christian est content, et même content, il a l'air triste)

jeudi 22 mars 2012

22 mars, il fait chaud


Things Behind the Sun by Nick Drake on Grooveshark


Autoportrait aux cernes
(stylo noir sur photocopie du dernier mouvement de l'op.109 de Beethoven)

mercredi 21 mars 2012

Printemps=Frühling






développement schématique du chou-rave (=Kohlrabi)
(Source )
Mais en fait, c'est quoi mon moyen d'expression??
A cette question, et à toutes les autres aussi, aucune réponse ne vous sera apportée dans le cours de sciences de l'éducation de Pascal Terrien le vendredi de 13h30 à 18h30, salle Chopin, mais allez-y, et vous vous les poserez, vous remettrez tout en question, une fois de plus, et puis les fautes que vous faites dans votre cadence de concerto, l'irrégularité de vos trilles, la faiblesse de votre annulaire, vous verrez que ce sont des problèmes d'outils défectueux, et vous vous demanderez ce que c'est, ce que vous essayez de crier avec tout ce matériel mal entretenu, et s'il ne serait pas temps de changer de caisse à outils. Une fois de plus. Et puis vous dormirez mal, et c'est normal, c'est parce que vous vous êtes trompé de chemin, mais si si, ça va aller, je t'assure.

mardi 20 mars 2012

Méli-mélo=Mischmasch

Quelques jours à Paris où j'avais prévu des visites, des observations de cours au CNSM, de musées, tout ça, tout ça, et puis il a fait beau, il a fait chaud surtout, j'ai redécouvert l'air sur mes bras, ça ne m'était pas arrivé depuis combien de temps? Oui oui, je sais bien que cet hiver n'était pas rude, c'était pire l'année dernière, ça n'empêche pas que ce jeudi 15 mars, j'ai réappris à respirer sur une pelouse un peu douteuse des Tuileries. Il y avait même des coccinelles et puis un arabe qui s'est mis torse nu pour faire rire des meufs en jogging (qui ont trouvé ça "dégueulasse"). Pour fêter ça, je suis allée chez le coiffeur (à Berlin j'ose pas), où j'ai appris en lisant Public (oui.) que Karim Benzema sortait avec Jenifer et que la différence d'âge ne le dérangeait pas du tout. J'ai quand même été au Centre Pompidou, où je me suis rendue compte en rembobinant mon film que depuis deux semaines je prenais des photos en oubliant de régler la vitesse d'obturation et que donc il y avait de grandes chances pour que tout soit flou, ça m'a un peu énervée, d'autant que j'avais photographié des gens que j'aime et que je vois pas souvent, mais j'ai pris mon exaspération par les cornes et suis allée me coller dans un coin de la salle où ils passaient en boucle le Sacre du Printemps par Pina Bausch. Je veux pas dire que ça m'a calmée, parce que c'est quand même terrifiant, même au bout de deux fois j'avais des noeuds dans le ventre au moment de la danse sacrale, et puis sur la video on entendait respirer les danseurs, vraiment, quel flip.
Mériteraient d'être aussi évoqués si j'avais du temps : les nems qui sentaient la merde dans un bouiboui de Belleville, un germanophobe qui s'appelle Hans, le cours de sciences de l'éducation qui a changé ma vie, des pâtes aux brocolis, aux graines de fenouil et au jus d'oranges, une interview bleue de Sébastien Tellier, la découverte, dans Slaughterhouse Five, du mot flibbertygibbet, des blancs dans une conversation où il aurait fallu dire "tu as une feuille de menthe collée sur la dent" mais où j'ai préféré laisser passer les anges et me réjouir d'un gag qui ne me faisait même pas rire parce que malgré ma nouvelle coupe de cheveux je suis toujours une gamine, et le trajet à pied vers la Gare du Nord à 4h30 du matin, après pas mal de bière et une sieste un peu trop courte.
Enfin, l'art urbain de notre capitale n'a rien à envier à Berlin :

enlever des dents aux gens et leur griffonner des bites
dans la bouche (ici sous une forme tellement rudimentaire
qu'elle touche à la perfection) , est-ce que ce ne sont pas
les graffiti les plus vieux du monde?


mardi 13 mars 2012

S-Bahn

"... 'ne kleine Spende für etwas leichtes zu essen... 'ne Hühnerbrühe... mit Sojasauce... 'nen Kamillentee... 'ne kleine Spende für etwas leichtes zu essen... 'ne Hühnerbrühe... mit Sojasauce... 'nen Kamillentee... 'ne kleine Spende für etwas leichtes zu essen... 'ne Hühnerbrühe... mit Sojasauce... 'nen Kamillentee... 'ne kleine Spende für etwas leichtes zu essen... 'ne Hühnerbrühe... mit Sojasauce... 'nen Kamillentee... 'ne kleine Spende für etwas leichtes zu essen... 'ne Hühnerbrühe... mit Sojasauce... 'nen Kamillentee..."


("... une p'tite pièce pour quelque chose de léger à manger... un bouillon de poule... sauce soja... une camomille...")

jeudi 8 mars 2012

Zigzag

Alors bien sûr, il y a eu cette pluie fine, cette conductrice de bus qui m'a regardée comme si je venais de gifler son enfant parce que j'ai mis un peu de temps à sortir ma carte de transports de mon portefeuille, ce chou rouge gluant et ce riz poussiéreux à la cantine de l'hôpital la fac, ces profs qui m'ont virée deux fois de suite de la salle où je bossais mes interminables Kreisleriana juste parce que la concierge, avec toute la sympathie et le respect que j'ai pour elle au vu des très beaux pullovers qu'elle tricote dans sa loge en fredonnant de jolies chansons turques, n'est pas foutue de faire son putain de boulot de concierge, et puis, dans la S-Bahn, cet insupportable vieux type en costard qui mâchait du chewing-gum la bouche ouverte. Mais à l'ambassade de France, j'ai été accueillie avec plein de "je vous en prie", le molosse du contrôle de sécurité m'a fait un clin d'oeil, aux Galeries Lafayette il restait un paquet de speculoos aux pépites de sucre Bonne Maman à -40%, et d'ailleurs j'ai vu que dimanche matin ils font un brunch français dont le détail m'a fait saliver puis rigoler puis saliver, dans le métro j'ai croisé par hasard une vague connaissance de la fac qui m'a serré la main avec un grand sourire en me souhaitant une bonne journée de la femme, en rentrant chez moi le ciel s'est éclairci et la bibliothèque Humboldt était belle au soleil, et là à l'instant, Maxim, qui bosse à Topographie des Terrors, m'a proposé de me faire visiter son musée samedi soir juste avant la fermeture et puis d'aller boire du vin ensuite. Alors finalement, ça va.

dimanche 4 mars 2012

La nuit

un bar ouvert toute la nuit, une tenancière pas plus haute qu'un fût de vin qui t'engueule si tu veux payer tes 4 bières -sechs euro vierzig- avec un billet de 20 ("ah non, faites pas chier, sur 20 je vous rends pas la monnaie, rien à foutre, j'ai pas."), une partie de fléchettes avec une petite meuf aux dents pourries, elle m'arrive à peine là mais elle porte un maillot des eisbären et marche comme un mauvais garçon, et puis elle se fait soulever en l'air par un gars en combinaison intégrale rose, sur la poitrine il y a écrit "HELICOPTER", il prétend être chirurgien, il a acheté sa combinaison sur ebay pour 25 euros au lieu de 1000, mais dans 10 ans elle vaudra 10 fois plus, d'ailleurs il a un tableau de gerhard richter, il l'a acheté 1000 euros il y a 10 ans, maintenant il vaut 5 millions, c'est pareil. il est très bien rasé et sent bon, on est invités à l'appeler pour aller manger chez lui demain, sa femme serait ravie de nous rencontrer, et puis on aura aucun mal à le retrouver, c'est simple, il habite la plus grande maison du comeniusplatz, celle qui a des baies vitrées de 3 mètres sur 8. ensuite il m'a aussi soulevée en l'air, je me suis sentie flattée, j'ai parlé un peu de beethoven et schumann au comptoir avec stefan et puis il était l'heure de rentrer, on a fait nos adieux en promettant de revenir vite.

jeudi 1 mars 2012

Des petites excursions

Ben oui, figurez-vous que j'étais pas mal en vadrouille. Depuis un an et demi que je suis à Berlin, il y a une chose que je commence à apprendre : faire fi du mauvais temps. L'année dernière, à force de me dire "ça, je ferai quand il y aura de nouveau des feuilles aux arbres", ou "quand il fera plus beau", ou "quand il fera plus chaud", "ou quand la neige aura fondu", j'ai pas fait grand'chose finalement. Et le coup du mauvais temps, ça permettait de me dédouaner très agréablement de ma paresse, de me dire que si, par exemple, l'expo des portraits de la Renaissance m'était passée sous le nez, c'était un cas de force majeure, il faisait beaucoup trop froid et humide pour faire la queue sur un pont venteux pendant une heure et demie, et ça n'avait absolument rien à voir avec ma propension à oublier complètement le temps qui passe quand je regarde des porc-épics qui ont le hoquet (c'est un exemple pris au hasard) (je n'ai pas VRAIMENT passé des heures à regarder des vidéos de porc-épics qui ont le hoquet) (...).
Alors maintenant, en 2012, je ne suis plus frileuse, en voilà des preuves :

- j'ai été à Hambourg, voir les expos Max Liebermann et Louise Bourgeois, j'ai traîné sur la Reeperbahn, qui baignait et dans la flotte et dans une odeur presque insupportable de merde (après les vapeurs de couches pleines à l'expo Liebermann, moyenne d'âge : 60+, je vous raconte pas la nausée. Je n'ai pu avaler qu'un müesli à midi), et puis j'ai fait un petit tour chez Urban Outfitters, où j'ai été confrontée à une peinture qui m'a laissée perplexe, une espèce de mise en abyme de second degré. En gros, UO, pour ceux qui connaissent pas, c'est le temple du hipster, c'est bourré de gens prêts à débourser 60€ pour un t-shirt qui a l'air de venir d'une friperie, ça se la joue un peu décalé, on vend du ringard tellement ringard qu'il est hype, mais comme c'est du faux ringard, enfin du ringard neuf qui fait juste semblant d'être ringard pour être hype, ben c'est de nouveau ringard. C'est clair ce que je dis? Non? Bon. En tout cas, afficher et encadrer un truc comme ça dans un UO, je trouve que ça revient à s'auto-flageller avec son caleçon imprimé zèbre. Ça me fait cet effet là.

- et puis j'ai enfin mis les pieds au Neues Museum, où j'ai vu une jolie frise pleine d'animaux et de bites

- et j'ai atterri par hasard dans une mansarde du Moabit (un quartier bientôt branché au nord-ouest de la ville. Ou autrement dit : Moabit sera bientôt le nouveau Neukölln qui est le nouveau Kreuzberg qui est le nouveau Prenzlauer Berg. C'est clair? Non plus?), dans laquelle des hommes habillés en femmes, des femmes habillées en putes, des vieilles à moustache et des enfants dansaient tous ensemble sur du reggae. Et sur le chemin, j'ai vu la belle vitrine que voici :


Pour l'instant, c'est tout.