jeudi 30 mai 2013
mardi 28 mai 2013
Sorry, what's the german for "rital"?
Ce matin, en revenant du Finanzamt où j'étais allée déposer ma première déclaration d'impôts (j'ai réussi à la remplir, putain, j'ai réussi!), je feuilletais mon carnet de croquis et suis tombée sur ce truc que j'avais esquissé il y a quelques semaines après avoir assisté à cette scène devant ma porte : j'attends de pouvoir traverser la route pour prendre le tram, une file de voitures ininterrompue descend la Prenzlauer Allee, ça avance au pas, ça peste, un motard italien freine un peu brusquement, dans la voiture derrière lui, le conducteur hurle des injures en tapant sur le volant, sur la banquette arrière, les yeux perdus dans le vague, Sven Marquardt, le videur du Berghain (tu vois qui c'est, non?).
Et donc, en rentrant chez moi tout à l'heure, j'étais en train de réfléchir aux couleurs que je pourrais donner à ce dessin, je suis montée dans le tram derrière une grosse dame en déambulateur et le type assis à côté de la porte s'est aussitôt levé pour lui laisser la place. Son geste s'est fait dans un grincement de cuir et de légers cliquetis, une odeur très forte de menthe, de liège et de crème Nivea m'a prise au nez, j'ai levé les yeux, merde alors, c'était encore lui. Jelui ai demandé d'arrêter de me poursuivre et me suis dit que tant pis pour les couleurs, c'était le moment de poster ce dessin.
Hop :
Et donc, en rentrant chez moi tout à l'heure, j'étais en train de réfléchir aux couleurs que je pourrais donner à ce dessin, je suis montée dans le tram derrière une grosse dame en déambulateur et le type assis à côté de la porte s'est aussitôt levé pour lui laisser la place. Son geste s'est fait dans un grincement de cuir et de légers cliquetis, une odeur très forte de menthe, de liège et de crème Nivea m'a prise au nez, j'ai levé les yeux, merde alors, c'était encore lui. Je
Hop :
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Berghain,
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Sven Marquardt
samedi 25 mai 2013
Zweitausendzwölf - 8
Début de l'automne. Quelques silhouettes sur le Teufelsberg et aux alentours.
Le garçon avec qui j'y vais pour la première fois me regarde d'un air effaré quand je lui annonce que j'aimerais chercher un trou dans le grillage pour monter sur la tour. J'essaye de le persuader par tous les moyens, lui vantant la vue imprenable, le vent frais, les graffitis, mais rien n'y fait, il m'assène : Morille, tu es en Allemagne, ici on ne viole pas les propriétés privées! Nous nous éloignons dans un silence électrique, j'ai envie de hurler et de le traiter de nazi, il marche loin devant moi d'un pas pressé et se retourne de temps en temps en levant les sourcils sur un regard qui dit : "Pauvre petite sotte!" (du moins, c'est comme ça que je l'interprète). Au lieu de nous taper sur la gueule, nous regardons zigzaguer les cerfs-volants, notre rancœur dans la gorge comme une troisième amygdale.
J'y retourne une semaine plus tard avec Escampette et sa nouvelle copine, nous nous sommes donné rendez-vous à 6h du matin pour voir le lever de soleil. C'est le début de ma réconciliation avec Berlin (oui, on était fâchées depuis l'hiver 2009-2010 quand cette pute, au lieu de m'ouvrir les bras, m'avait balancé des seaux de neige à la gueule). Peu après, je me jette dans le célibat, je redécouvre Nick Drake et j'arrête d'écrire mon journal intime.
Mots-clefs :
Berlin,
endroits,
Teufelsberg
mercredi 22 mai 2013
Voyage dans le temps devant un canapé vert
La semaine dernière, j'ai passé une après-midi au Haus am Waldsee, un petit musée d'art contemporain au sud de Berlin, tout au bout de la ligne de métro U3 (Krumme Lanke). J'avais mis les pieds pour la première fois dans ce quartier hyper friqué quelques jours plus tôt en allant me promener dans l'immense jardin botanique de Dahlem (tu te souviens? j'y avait trouvé un nourrisson dans l'herbe) et ça m'avait fait un bien fou. Rien à voir avec ce que j'ai pu ressentir en musardant à travers le XVIème lors de mon dernier voyage à Paris, ce plaisir très intense qui naît d'un épisode des Ch'tis à Las Vegas ou de la contemplation d'une petite mésange tombée du nid, toute gonflée d'asticots, ce genre de spectacle beau parce que profondément écœurant qui te rappelle que tu n'es rien qu'un tas de viande parmi d'autres tas de viande. Non, à Dahlem, le fric est là, les mémés ont aussi des chiens Polly Pocket, il y a pas mal de villas somptueuses, mais le tout est noyé dans les arbres, les rues sont calmes, les gens sortent pour aller acheter de la saucisse ou faire un tour au parc, pas pour parader en casque de cheveux, trois bagues à chaque doigt et les avant-bras garnis de sacs en carton épais pleins de carrés Hermès.
J'émerge donc de la U3 après quasiment une heure de trajet et tombe nez-à-nez avec une maison multicolore devant laquelle est garée une petite voiture de sport emballée dans un pyjama en jersey bleu (un pyjama pour voiture, entendons-nous bien).
Werner Aisslinger est passé par là et a transformé la Haus am Waldsee en maison du futur.
Dans le salon, une immense structure en alvéoles, comme un gros rayon de miel, sert de canapé. Sur les étagères en acier de la cuisine s'entassent des boîtes en plastique dans lesquelles se baladent des carpes, leurs déjections alimentent les racines des plantes dans les boîtes voisines. Ça et là, des champignons jaunes poussent dans des sachets. Le mobilier de la salle de bains est en cuir, y compris la baignoire, et la bibliothèque est faite de livres fixés les uns aux autres par de petits croisillons blancs. Après avoir parcouru toute la maison, je me présente à l'accueil et demande si Auguste est là. Les deux employés ont un frisson, écarquillent les yeux : "Oh mon dieu, c'est vous Morille?? Mais pourquoi ne vous êtes vous pas annoncée plus tôt? Vous avez payé l'entrée! Vous auriez dû nous dire tout de suite que vous êtes une amie d'Auguste! Nous sommes sincèrement désolés!". Je ris, c'est quoi le délire, ils croient que je suis quelqu'un d'important ou quoi? On se calme, les gars, je suis étudiante, je touche une aide au logement, sous ma belle robe je porte un slip distendu qui appartient à ma mère et votre chef, je l'ai rencontré il y a deux jours à une pendaison de crémaillère très arrosée (mais si, tu te souviens du type à toutes petites lunettes?). Enfin ça, c'est ce que mon double vulgaire a dit dans ma tête, en vrai j'ai juste battu des cils et leur ai assuré que, vraiment, c'est pas grave, ne vous inquiétez pas. Pendant que l'un des employés s'éloigne à reculons en faisant des courbettes pour aller chercher Auguste, je vais dans le jardin.
Il y a des sculptures, une jolie petite terrasse, un minigolf, la pelouse descend en pente douce vers la berge du lac. Sur la droite, entouré d'arbres immenses, le Loftcube d'Aisslinger. Une boîte sur pilotis, les murs sont vitrés, les angles arrondis. Une maison de 40 m2, installable sur tout type de terrain et dans tout type de climat, m'explique Auguste qui m'a rejoint dans le jardin. Il a apporté la clé, me fait visiter l'intérieur du cube. La vue sur le lac, sous le soleil de fin d'après-midi, est belle, on n'entend pas un bruit. En face du lit, il y a un grand canapé vert, un vert électrique presque jaune, tempéré par un mouchetage gris quasi imperceptible, et là, debout dans ce mobile home à 150 000 €, hypnotisée par la couleur de ce canapé, tandis que ce bel homme très sérieux me raconte des anecdotes sur le design du mobilier, je suis aspirée dans une grande colonne d'air qui me noue le cœur et je réalise que je vais avoir 25 ans.
Il y a 10 ans, j'étais en seconde, le deuxième album de Sniper venait de sortir, je faisais des progrès fulgurants en anglais en apprenant par cœur les textes d'Eminem, j'écoutais à la radio les retransmissions des matches de l'OM en essayant de retenir les noms des joueurs, j'avais trouvé un dealer sur Caramail qui m'apportait de temps en temps un petit cube de shit à la gare de Sarreguemines et mes parents m'avaient privée de cadeau d'anniversaire parce que je m'étais acheté en cachette des Air Max chez Foot Locker. Je rêvais d'être Diam's et fantasmais sur Usher, et pas un instant il ne me serait venu à l'esprit qu'Usher, même en échange de 15 séances d'épilation du torse au laser, n'aurait jamais daigné glisser un seul de ses augustes doigts entre les bourrelets de Diam's, même si à l'époque elle était quand même pas si atrocement gaulée que ça dans ses tops en résille, soyons honnêtes.
Les 10 ans qui ont suivi, j'ai appris pas mal de choses en plus de ça, notamment à jouer du clavecin, à m'épiler les sourcils et à ne plus rêver d'être quelqu'un d'autre. Bien sûr, il y a encore du boulot, j'ai tendance à me disperser, je tombe amoureuse beaucoup trop vite, je suis parfois franchement misanthrope, je ne sais jouer que deux chansons à la guitare et je n'ai toujours pas compris comment on fait un chignon bun. Mais je suis sur la bonne voie. Mes impressions pour ce 25ème anniversaire? Permettez-moi de laisser parler une poétesse à ma place :
J'émerge donc de la U3 après quasiment une heure de trajet et tombe nez-à-nez avec une maison multicolore devant laquelle est garée une petite voiture de sport emballée dans un pyjama en jersey bleu (un pyjama pour voiture, entendons-nous bien).
Werner Aisslinger est passé par là et a transformé la Haus am Waldsee en maison du futur.
Dans le salon, une immense structure en alvéoles, comme un gros rayon de miel, sert de canapé. Sur les étagères en acier de la cuisine s'entassent des boîtes en plastique dans lesquelles se baladent des carpes, leurs déjections alimentent les racines des plantes dans les boîtes voisines. Ça et là, des champignons jaunes poussent dans des sachets. Le mobilier de la salle de bains est en cuir, y compris la baignoire, et la bibliothèque est faite de livres fixés les uns aux autres par de petits croisillons blancs. Après avoir parcouru toute la maison, je me présente à l'accueil et demande si Auguste est là. Les deux employés ont un frisson, écarquillent les yeux : "Oh mon dieu, c'est vous Morille?? Mais pourquoi ne vous êtes vous pas annoncée plus tôt? Vous avez payé l'entrée! Vous auriez dû nous dire tout de suite que vous êtes une amie d'Auguste! Nous sommes sincèrement désolés!". Je ris, c'est quoi le délire, ils croient que je suis quelqu'un d'important ou quoi? On se calme, les gars, je suis étudiante, je touche une aide au logement, sous ma belle robe je porte un slip distendu qui appartient à ma mère et votre chef, je l'ai rencontré il y a deux jours à une pendaison de crémaillère très arrosée (mais si, tu te souviens du type à toutes petites lunettes?). Enfin ça, c'est ce que mon double vulgaire a dit dans ma tête, en vrai j'ai juste battu des cils et leur ai assuré que, vraiment, c'est pas grave, ne vous inquiétez pas. Pendant que l'un des employés s'éloigne à reculons en faisant des courbettes pour aller chercher Auguste, je vais dans le jardin.
Il y a des sculptures, une jolie petite terrasse, un minigolf, la pelouse descend en pente douce vers la berge du lac. Sur la droite, entouré d'arbres immenses, le Loftcube d'Aisslinger. Une boîte sur pilotis, les murs sont vitrés, les angles arrondis. Une maison de 40 m2, installable sur tout type de terrain et dans tout type de climat, m'explique Auguste qui m'a rejoint dans le jardin. Il a apporté la clé, me fait visiter l'intérieur du cube. La vue sur le lac, sous le soleil de fin d'après-midi, est belle, on n'entend pas un bruit. En face du lit, il y a un grand canapé vert, un vert électrique presque jaune, tempéré par un mouchetage gris quasi imperceptible, et là, debout dans ce mobile home à 150 000 €, hypnotisée par la couleur de ce canapé, tandis que ce bel homme très sérieux me raconte des anecdotes sur le design du mobilier, je suis aspirée dans une grande colonne d'air qui me noue le cœur et je réalise que je vais avoir 25 ans.
Il y a 10 ans, j'étais en seconde, le deuxième album de Sniper venait de sortir, je faisais des progrès fulgurants en anglais en apprenant par cœur les textes d'Eminem, j'écoutais à la radio les retransmissions des matches de l'OM en essayant de retenir les noms des joueurs, j'avais trouvé un dealer sur Caramail qui m'apportait de temps en temps un petit cube de shit à la gare de Sarreguemines et mes parents m'avaient privée de cadeau d'anniversaire parce que je m'étais acheté en cachette des Air Max chez Foot Locker. Je rêvais d'être Diam's et fantasmais sur Usher, et pas un instant il ne me serait venu à l'esprit qu'Usher, même en échange de 15 séances d'épilation du torse au laser, n'aurait jamais daigné glisser un seul de ses augustes doigts entre les bourrelets de Diam's, même si à l'époque elle était quand même pas si atrocement gaulée que ça dans ses tops en résille, soyons honnêtes.
Les 10 ans qui ont suivi, j'ai appris pas mal de choses en plus de ça, notamment à jouer du clavecin, à m'épiler les sourcils et à ne plus rêver d'être quelqu'un d'autre. Bien sûr, il y a encore du boulot, j'ai tendance à me disperser, je tombe amoureuse beaucoup trop vite, je suis parfois franchement misanthrope, je ne sais jouer que deux chansons à la guitare et je n'ai toujours pas compris comment on fait un chignon bun. Mais je suis sur la bonne voie. Mes impressions pour ce 25ème anniversaire? Permettez-moi de laisser parler une poétesse à ma place :
I'm stronger than yesterday
It's nothing but a mile away
My loneliness ain't killin' me no more.
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Berlin,
endroits,
Haus am Waldsee,
Loftcube,
quotidien
lundi 20 mai 2013
Le Maître et Marguerite
Dans le rôle du Maître, un gamin posté devant la petite échoppe d'une couturière, surveillant les allées en venues des passants mal réveillés sur la Prenzlauer Allee. A ses côtés, Béhémoth le farceur, ayant pour l'occasion pris l'apparence d'un grand caniche hirsute et crotté.
Et sinon, j'ai actualisé le Tumblr qui me serre de fourre-tout à dessins, tu peux y jeter un oeil ici.
Et sinon, j'ai actualisé le Tumblr qui me serre de fourre-tout à dessins, tu peux y jeter un oeil ici.
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Berlin,
caniche,
gens,
Prenzlauer Allee
dimanche 19 mai 2013
dimanche 12 mai 2013
Cimetière juif, currywurst et fistfucking
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Currywurst,
endroits,
fistfucking,
Jüdischer Friedhof,
Konnopke,
Nothaft Seidel,
test de Cooper
mardi 7 mai 2013
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