dimanche 19 mai 2013

Un peu de chanson germanophone avant d'aller se mettre la tête à l'envers





dimanche 12 mai 2013

Cimetière juif, currywurst et fistfucking

(va-t-elle une fois de plus décevoir nos attentes avec ce titre râcoleur?)

Ma journée a commencé par un cauchemar. Je ne me souviens plus vraiment du contenu, et puis les gens qui font des articles emo pour raconter leur rêves ça me barbe profondément, donc je vais pas me mettre à faire pareil. Si tu veux absolument savoir, je crois que c'était une histoire de cow-boys. Quoiqu'il en soit, je me suis réveillée en sursaut, à deux doigts d'étouffer, comme si je venais de faire un tour de terrain (pour moi qui ne possède même pas de vraie paire de chaussures de sport, un tour de terrain c'est beaucoup. C'est d'ailleurs une des seules choses dont je me souvienne du collège, les tours de terrain. J'ai l'impression qu'on a fait que ça pendant trois ans. Des concours de lecture, des échanges de cartes Pokémon et des tours de terrain. Le stade autour duquel on courait, à Sarralbe, était au milieu de nulle part, à dix minutes de marche du gymnase. Les gosses de forains de la classe avaient des survêtements Kappa ou Umbro, ils étaient tous gras du bide, ils crachaient par terre en faisant des gestes de kung-fu au lieu de prendre leur pouls comme le prof nous avait dit, et après avoir démarré comme des sprinteurs, ils ralentissaient la cadence et se laissaient dépasser par les filles pour mater leurs petits culs moulés dans le coton. Et le jour du test de Cooper pour lequel on avait passé tout ce temps à se mettre en condition, cette petite bande de mecs l'a fait en marchant, clope au bec. C'était la parenthèse "Fin de siècle dans un collège de campagne", merci de votre attention). Donc, je me réveille le souffle coupé après ce cauchemar, et je manque de faire une attaque en sentant une présence dans ma chambre. Puis je me souviens que j'héberge une couchsurfeuse. J'écoute sa respiration lente, je me calme, je vais faire pipi. Tout va bien. Je passe ma matinée avec elle, la promène dans mon quartier, lui montre mes endroits préférés (le cimetière juif, la Knaackstraße et le Kollwitzplatz, la fontaine du parc de Friedrichshain). Après avoir fait cours en début d'après-midi à une de mes élèves préférées (je l'aime bien parce qu'elle a de petites mains grassouillettes très puissantes, toujours un peu sales, et puis elle aime bien taper sur le piano, elle rit beaucoup, elle est curieuse. Je prie pour que l'adolescence ne fasse pas d'elle une Kirsten Stewart),
 (fin de la parenthèse Kirsten Stewart)
j'ai rendez-vous avec Culie. Je suis un peu en avance, je traînasse le long de Eberswalder Straße, et là, j'entends l'appel de Konnopke. J'essaye de manger un peu plus sainement en espérant convaincre ainsi le petit troll en graisse que je porte dans mon ventre depuis cet hiver qu'il n'a plus rien à faire ici, j'essaye de l'étouffer avec une alimentation riche en fibres, mais là je me sens faible, l'huile de friture agit sur moi comme un puissant aphrodisiaque et je me retrouve à faire la queue devant la baraque à saucisses la plus connue de Berlin. Crois-moi ou pas, en deux ans et demi dans cette ville, je n'ai encore jamais mangé de currywurst. Eh bien voilà. C'est délicieux. C'est délicieux comme une assiette à soupe de carbonara avec 150g de parmesan, comme un cupcake au chocolat recouvert de crème au beurre avec un coeur en nutella, comme une sucette au saindoux. La saucisse est tendre, je n'ai quasiment pas besoin de mastiquer les rondelles prédécoupées, imbibées de ketchup, elles glissent toutes seules dans ma gorge. J'ai la glotte visqueuse, la poudre de curry me chatouille le fond du nez, je mange quelques frites, elles sont parfaitement craquantes, pas trop salées. Plus encore que le goût lui-même, c'est cette combinaison de textures qui me donne envie de piaffer de plaisir. Culie me rejoint pour partager cet orgasme. Le temps se couvre, le vent se lève, l'air est lourd, les gens s'agitent sur les terrasses, ferment les parasols, mais nous on a notre saucisse, il ne peut rien nous arriver. Pour digérer, on va s'asseoir chez Nothaft Seidel, un beau petit café sans prétention un petit peu plus loin dans la Schönhauser Allee qui fait de très bons scones (ENORMES).
Le soir, j'ai rendez-vous avec une belle fille en robe verte que je ne connais pas encore et qui m'emmène à une pendaison de crémaillère chez quelqu'un que je ne connais pas non plus. L'atmosphère est très chaleureuse, les gens affables et intéressants, je rencontre, pêle-mêle (j'aime bien raconter les trucs pêle-mêle, tu as déjà remarqué?), une Ukrainienne qui me raconte ses histoires de sites de rencontres, un galeriste à lunettes minuscules qui a la même voix que Bonaparte, une Française qui porte le même prénom que moi et à qui, possédée par le démon du mojito, je propose de fusionner comme ça, un beau Slovène avec qui je mets en pratique mes 8 mots de vocabulaire ("j'ai soif") et une Nicaraguayenne aux yeux de chat avec qui, après de courtes présentations, je me retrouve allongée sur un grand pouf à discuter des bienfaits et des dangers du fistfucking. On s'efforce de parler à voix basse, mais on a toutes les deux du mal à s'exprimer sans faire des gestes avec les mains. Discrétion : zéro. Classe : zéro.


(appel : est-ce que quelqu'un a envie de m'offrir un scanner pour mon anniversaire, dans deux semaines?)

samedi 27 avril 2013

Dîner de c...élibataires exigeants - IX

En attendant un nouvel article de fond (mais de quoi va-t-elle nous parler la prochaine fois? encore une histoire de rencard minable? le compte-rendu d'une exposition qu'elle a vue il y a deux mois? des anecdotes sans intérêt sur ses voyages en train régional? - auf deutsch : Bummelzug - est-ce qu'elle va encore nous pomper l'air longtemps avec ses leçons de vocabulaire à deux balles? et quand est-ce qu'elle apprendra enfin à faire des subordonnés qui tiennent la route au lieu de nous empoisonner la lecture avec ses parenthèses qui n'en finissent pas?), revoici quelques petites friandises pour te faire patienter. Comme je suis pas une grosse pute et qu'en ce moment j'ai quelques ennuis à cause d'une histoire de droits d'auteur, j'ai décidé de mettre une petite couche de maquillage sur le visage des garçons que je ramasse sur mon site de rencontres fétiche. S'il-te-plaît, n'hésite pas à me dire ce que tu en penses. J'aimerais avoir le temps de redessiner les portraits correctement au crayon, ou alors je m'étais dit que je pourrais leur coller une simple paire de lunettes de soleil - bref, je suis encore à la recherche d'une solution esthétiquement satisfaisante et pas trop chronophage. Je te remercie d'avance, lecteur chéri, pour tes suggestions. Bisou.


 





lundi 22 avril 2013

Dîner de c...élibataires exigeants - VIII

Coucou les filles! Fait faim, hein? Voilà une sélection de mes dernières trouvailles sur le plus VIP des sites de rencontres (en allemand : Partnerbörse - littéralement bourse aux partenaires. Quelqu'un veut faire une vanne?). Enjoy!






Les épisodes précédents : I - II - III - IV - V - VI - VII

mercredi 17 avril 2013

Tout sur mes ovaires

Les amis, je ne peux plus continuer à vous mentir, à vous faire croire que je suis ce pur esprit amoureux des arts et des mots rares qui lit La crise de la culture d'une main en cherchant les relations de médiante dans les Gesänge der Frühe de l'autre, tout ça n'était qu'une imposture, que dis-je, une supercherie! une mystification! de la poudre aux yeux! oui, du foutage de gueule! La vérité, c'est que je suis rien qu'une dinde. Les faits sont accablants : je viens de m'acheter une jupe à motifs de chats sur Asos. Après l'avoir vue sur un blog. Un blog mode. Et puis j'ai essayé des rouges à lèvres pour un blog de maquillage. Enfin, j'ai rêvé la semaine dernière que j'étais aux Tuileries pour la Fashion Week et qu'on me demandait de citer mes quatre parfums préférés. Je répondais du tac au tac : Saffron, Amber, Cardamom de Korres, [untitled] de Margiela, Calèche d'Hermès et Fille en aiguilles de Serge Lutens (à propos, son dernier parfum s'appelle La fille de Berlin, moi j'imaginais déjà un truc grisant à base de vomi à la currywurst, mais c'est une banale eau de rose un peu boisée avec du citron, un truc sans intérêt quoi).
Qu'est-ce que je peux faire pour me racheter?

mardi 16 avril 2013

Digital design, subspace et pieds qui puent

"FIVE, FOUR, THREE, TWO... waitwaitwait, are we ready? Ok... wait... it looks like we still have a little problem..."
Il est un peu plus de 21h à la galerie Platoon, dans la Schönhauser Allee. Je suis coincée sur un escalier en fer, les fesses meurtries malgré ma nouvelle culotte en graisse ramenée du Canada cet hiver (spécial dédicace aux frites de Kensington Market! Je ne vous oublie pas, vous avez fait un boulot formidable les meufs). Derrière moi, Vivipare trépigne, la fille à ma gauche prend des notes sur l'agencement des sources de lumière dans la salle, un peu en contrebas un jeune quadra couvert de gel effet mouillé drague deux frêles Polonaises, et sur ma droite, les boots en simili-cuir d'une jeune pétasse exhalent une odeur de champignonnière. L'événement de ce soir, une bataille de dessin ("Digital Design Tournament"), se déroule dans le cadre de Pictoplasma, un festival de cinéma d'animation et de joli dessin sur Photoshop. La galerie est pleine à craquer de gens en bonnet qui se photographient les uns les autres avec leurs iPhones en attendant le début du spectacle qui devait commencer il y a plus d'une heure. Le principe du tournoi : trois équipes de deux sur une scène, derrière des ordinateurs, un thème imposé (developing a pair of metaphorical characters based on elements that have a complementary relationship like “Bread & Butter,” “oil & water” or “yin & yang” during 3 rounds of design.), quatre écrans qui diffusent les images des compétiteurs en train de dessiner. Le problème, c'est que trois des quatre écrans ne fonctionnent pas. Ça ne semble chagriner personne, les candidats sont contents d'être sur scène, ils ont une caisse de bière rien que pour eux et prennent des airs importants derrière leur grande table couverte de matériel HP (le sponsor de la soirée), les jurés se pavanent dans des t-shirts qu'ils ont designés eux-mêmes (une exception : le fondateur d'Anima Boutique porte un pull à capuche en peau de tigre) et font du networking, les techniciens débranchent et rebranchent mollement quelques fils et le présentateur circule parmi tous ces gens en leur posant au micro des questions inaudibles à travers la mélasse dubstep que nous inflige un connard de DJ mal rasé en guise d'ameublement acoustique. Le seul écran qui fonctionne diffuse en boucle les règles du jeu et les noms des candidats dans un graphisme grandiloquent digne de The Voice, sur les trois autres clignote désespérément   No Signal . Le présentateur nous annonce qu'il faudra se résoudre à suivre le spectacle sur un seul écran, mais là c'est bon, tout va bien, la caméra est branchée, ça peut commencer! Ça y est! Pour la deuxième fois, il nous exhorte à compter avec lui : FIVE, FOR, THREE, TWO, ONE, GOOOO! Il donne un coup de poing en l'air comme Sangoku, le public hurle, les candidats se mettent à griffonner sur leurs tablettes graphiques, et l'écran reste bloqué sur le diaporama précédent. Une dizaine de minutes s'écoulent. Nous contemplons six dessinateurs sans voir ce qu'ils dessinent. Une fille court de l'un à l'autre avec une caméra, il y a plusieurs photographes sur la scène, l'écran nous invite à twitter nos impressions sous #characterized. Je pense à Desproges, qui, dans un de ses réquisitoires, suggérait à François Béranger de fermer sa gueule et de se mettre à la peinture, et s'engageait à mettre à sa disposition toute la fortune amassée par sa famille pendant l'Occupation pour financer une radio, "ça s'appellerait Radio-Palette, elle vous serait exclusivement réservée, à vous tous, chanteurs et chanteuses de France, et vous peindriez et nous vous écouterions peindre. Le nirvana." 

Les personnages (source)

Le présentateur a beau s'excuser, promettre que l'équipe technique met tout en oeuvre pour régler le problème, je commence à être irritée par ce cirque. L'image finit par apparaître, on aperçoit enfin quelques croquis, il y en a un qui me plaît bien, une espèce de tube digestif, le type est en train de dessiner plein de petites circonvolutions qui s'entassent dans une barque, mais il faut passer aux images de l'équipe suivante. Sauf que la transmission des images de l'équipe 2 ne fonctionne pas. L'un des membres nous décrit donc son dessin, à la faveur d'un petit flottement sans basses dans le morceau qu'est en train de nous asséner DJ Tympan, on apprend qu'il est question de space et de subspace. Puis c'est la pause. C'est le moment que choisit le type plein de gel pour se retourner et me demander si je suis aussi dans le character design. Je lui dis que non, désolée, moi je fais du piano. Il frise le court-circuit, me demande si, du coup, je suis dans la musique de film. Non, désolée, je joue juste du piano, Beethoven, des trucs comme ça, ah et puis je suis serveuse aussi, mais ma copine, là, derrière, elle fait du dessin animé. Il fait un clin d’œil complice à Vivipare en lui expliquant que lui aussi, dans le temps, il faisait de l'anim', qu'il a gagné un max de pognon avec ça, mais, genre, vraiment un max, et que maintenant il dirige une boîte, une grosse boîte, et qu'il est connu, genre, vraiment connu dans le milieu (re-clin d'oeil). Pendant qu'il refile sa carte de visite à une des Polonaises, on prend la fuite.

En rentrant, je me promène sur le site de l'événement, une page chiadée qui affiche sa programmation dans des métropoles du monde entier avec la même arrogance que ce kebab dont je recevais régulièrement le flyer bourré de fautes d'orthographe et qui tentait d'appâter ses clients avec l’énumération : Istanbul, Abu Dhabi, Los Angeles, Strasbourg. Ça ne me dérange pas trop de m'être fait entuber de la sorte, j'ai bien ri finalement, mais j'ai une pensée pour les vainqueurs du tournoi à qui HP a refourgué un écran en guise de premier prix. A l'heure qu'il est, il a probablement déjà été écoulé en pièces détachées au Mauerpark.

mercredi 10 avril 2013

Berlin - Paris


(Berlin, Alexanderplatz, en descendant prendre la U8 - Paris, Belleville, sur la terrasse du café Folie's)

samedi 6 avril 2013

Une découverte sensationnelle

La semaine dernière, en farfouillant dans les étagères de la librairie BD Spirit (10 rue Ramey) (à Paris) (allez-y, le type qui s'en occupe est une crème) (et il sait absolument tout sur les mouvements contestataires d'extrême-gauche dans le Japon des années 60) (et ce n'est pas un geek pouilleux, il est très propre sur lui et a la barbe bien taillée) (et tout près de là, rue Muller, il y a les Editions Baleine) (va voir leur vitrine, si tu es dans le coin et que tu aimes les naturalisations farfelues), je tombe sur une magnifique affiche sérigraphiée de Pierre La Police. C'est la première fois que je vois un aussi grand format de lui, j'en ai des palpitations, et puis en même temps je me bidonne, à cause du mot "bonbongle", tu comprends. Malgré mon regard enfiévré et mes supplications, le tenancier de la boutique reste ferme : l'affiche n'est pas à vendre. Je la contemple pendant de longues minutes, j'en apprends les lignes pas cœur, et puis je répète "bonbongle" dans ma tête, en boucle, comme un mantra, dans l'espoir que Pierre La Police surgisse d'un tiroir. Bizarrement, rien ne se passe. Dentelle a trouvé un beau dessin, moi j'ai choisi deux bds avec plein de texte et de rigolade pour résister au printemps berlinois (2° à l'heure où je vous parle), on paye joyeusement et on s'en va manger un coq au vin (SUCCULENT!) pour fêter ça.
Deux jours plus tard, je me promène dans le XVIème (oui, parfaitement), et regarde ce que je découvre dans la rue Paul Delaroche : 



jeudi 4 avril 2013

TER et Sprechgesang

Entendu dans le TER Strasbourg-Sarreguemines, il y a deux semaines (je suis complètement d'accord avec toi, ce dessin est bâclé. Pour me faire pardonner, je t'ai retranscrit le texte à la manière d'Arnold Schoenberg, en sprechgesang, pour que tu puisses le reproduire chez toi).

("Aujourd'hui, Place de l'Etoile, ils ont fait la grève!")