lundi 25 mars 2013

Pause détente

J'ai beau être retranchée en Moselle, passant mes journées à décortiquer les mouvements de Robert Coral et à prémâcher des sudokus pour ma grand-mère, je n'ai pas oublié ma promesse. Voilà donc :

de la chanson russe dans un corps sain (et très élastique) (clique sur le nez de Vladimir pour voir la vidéo)


du site de rencontres 



et de la bite (un dessin automatique gribouillé avec un reste d'encre et les nerfs un peu irrités après avoir fini mon illustration pour la prochaine Flirtakademie du mois d'avril)


Sur ce, je te fais de gros poutoux et je retourne dans ma grotte.





jeudi 21 mars 2013

Zweitausendzwölf - 7

Après le cataclysme, quelques visages d'amies, en petite tenue sur un ponton de l'étang de Holving, avec des tartines de beurre liquide sur la terrasse du Roi et son Fou à Strasbourg et dans un jardin kreuzköllnois (pour toi qui ne vis pas dans la capitale du monde, c'est un coin à la jonction de deux quartiers qui se disputent la palme de la décontraction bohème, Kreuzberg et Neukölln). J'ai du henné dans les cheveux et quelques projets sur le bout de la langue.
(Au fait, à partir de demain je suis en France pour une semaine et demie, sisi la famille, coucou les amis et tout. Pas d'anecdotes berlinoises avant début avril, donc. Mais j'ai quelques bricoles vraiment intéressantes en stock histoire que tu te languisses pas trop d'ici là. Tu veux une mise en bouche? D'accord, il y aura de la chanson russe dans un corps sain, du site de rencontres et, évidemment, de la bite. Bisou)





lundi 18 mars 2013

Je serais Schubert, j'aurais les nerfs

Fig. 1 : Noisia - Tommy's Theme
Fig. 2 : Schubert - Ständchen
Décidément, mon esprit ne manque pas de ressources pour me détourner de mon boulot. A l'instant, il vient de rappeler à mon souvenir une chanson toute-pourrie qui est venue se superposer au morceau de Schubert que j'ai joué hier avec une chanteuse. Ecoutez les 40 premières secondes du premier exemple (inutile de vous infliger plus, vraiment), puis le deuxième, vous allez rire.


vendredi 15 mars 2013

Abandonner toute vie sociale ça a aussi du bon.

Ohmondieu, je viens de découvrir que le leitmotiv de Julie Kohler dans La mariée était en noir est dérivé des huit premières notes de la Marche nuptiale transposées en sol majeur. Oh putain oh putain. Bernard Herrmann. Tu es un génie.

jeudi 14 mars 2013

Peter Lenk - Une sculpture chez le ferrailleur

Die Karriereleiter (source)
J'ai découvert Peter Lenk par hasard, en allant manger du poisson cru avec Nani pour reprendre des forces après un cours épuisant sur la Petite Suite de Debussy. Travailler ces morceaux délicats avec Madame Poiscaille, une vieille Russe patibulaire à lunettes teintées qui cache sur son armoire une boîte en fer-blanc rouillée remplie de mégots, c'est impossible, c'est contre nature comme le coït d'un ours et d'une musaraigne. Nous sortons donc lessivées de cette heure et demie de viol et Nani m'entraîne à deux pas de là (là étant le bâtiment de la UdK à Spichernstraße), chez Ishin, dans la Bundesallee, me promettant que leur saumon est dément. Au croisement avec Hohenzollerndamm, j'avise une immense échelle devant un immeuble gris. Je m'approche, le bâtiment appartient à la Investitionbank Berlin, et à cette échelle d'une dizaine de mètres de haut sont agrippées les statues de trois hommes en costard, l'un dépenaillé, bide à l'air, lunettes et bouc, brandit un attaché-case et flanque son pied droit dans le visage de celui qui  tente de monter derrière lui, et le troisième, tout en haut, un vieil homme décharné aux grandes oreilles, tient un porte-documents à bout de bras et pointe une lampe-torche en direction des deux autres personnages. J'avais été frappée de voir une telle sculpture devant une banque. Je n'étais pas interloquée simplement par le culot de la scène, mais par la beauté de ces trois corps tous arc-boutés différemment sur une échelle qui, sans eux, aurait été parfaitement crédible dans le rôle de sculpture monumentale du genre de celles qu'on trouve un peu partout sur les parvis de centres commerciaux ou les parcs de Berlin. Non, là, sur cette immense structure géométrique, il y avait trois types en équilibre instable, on devinait les plis de la chemise trempée de sueur qui colle au ventre, les épaulettes des vestes de costume trop cintrées qui refusent de suivre les corps qui se tordent, le mouvement sec du pied qui dérape sur l'échelon. C'était fin et violent, et très touchant.
Je suis repassée plusieurs fois devant la sculpture, et un jour elle a disparu. Il ne restait que le socle, avec la marque des deux barreaux sciés à ras. J'ai été triste et choquée, et puis je n'y ai plus pensé. Je ne sais plus pourquoi, ce matin, je me suis soudain demandé ce qu'étaient devenus les trois hommes sur l'échelle. C'était en analysant les accords de la marche funèbre dans La mariée était en noir, probablement que mon cerveau fouillait les poubelles pour trouver un moyen de me distraire de mon travail, quoiqu'il en soit j'ai trouvé le nom du sculpteur, Peter Lenk, et suis tombée sur un paquet d'articles de journaux, notamment de la TAZ, qui racontaient comment la sculpture avait été sciée en catimini une nuit de novembre sur ordre de la Investitionsbank qui, après un changement de président, a décidé de se débarrasser de cette oeuvre encombrante "qui provoque et dénigre les employés" (Interview de Jens Holtkamp, porte-parole de la IBB, dans la TAZ du 6 novembre 2012). Le sculpteur n'était au courant de rien et la IBB refuse de lui dévoiler où est son oeuvre, tout en se déclarant "ouverte au dialogue". La sculpture aurait été prêtée à "une entreprise qui lui manifestait de l'intérêt". Quelques semaines plus tard, un lecteur de la TAZ aperçoit l'échelle chez un ferrailleur de Neukölln, en bord d'autoroute. C'est lui qui l'a démontée au début du mois de novembre, il se dit ravi de la situation, il est très content d'avoir l'oeuvre sur son terrain, elle rend bien, et puis il s'est toujours intéressé à l'art.
C'est pas une belle fable avant d'aller se coucher, ça?
Allez, ça suffit les histoires de trucs culturels, la prochaine fois on reparle de bite (à propos, Lenk est très connu à Berlin pour ses bas-reliefs sur la façade des bureaux de la TAZ : on y voit un homme aux jambes écartées, un immense pénis en érection se dressant sur quatre étages. L'oeuvre s'appelle Friede sei mit Dir, La paix soit sur toi, mais elle est plus connue sous le nom de Pimmel über Berlin, Zob au dessus de Berlin, un jeu de mots avec le titre allemand des Ailes du désir de Wim Wenders, Der Himmel über Berlin). En attendant, voici quelques sculptures de Peter Lenk. Bonne nuit.









mardi 12 mars 2013

Rencard - le dénouement

Tu te souviens? J'avais un rencard il y a deux semaines. J'aurais dû te raconter tout ça plus tôt, je sais, mais j'avais quelques réticences parce que dans le tableau de bord de mes statistiques, il y avait des clics suspects en provenance d'un site dont je sais que j'avais parlé récemment à ce garçon, ce qui veut donc dire qu'il était peut-être déjà ici, qu'il est susceptible d'y revenir, et tu me connais, tu sais bien que je n'aime pas les esclandres... Enfin bref, un tiens vaut mieux que deux tutorats, en voiture Simone, voici l'histoire véritable de mon dernier rencard.

Je n'en savais pas beaucoup plus sur ce garçon (pour préserver son anonymat on va l'appeler Qhiliqq, d'accord?) que ce que je t'ai dit l'autre jour, pour la simple raison que mes souvenirs de cette soirée étaient un peu diffus. C'étais fin janvier, près de Rathaus Neukölln, dans la cave du Sameheads (je t'arrête tout de suite, c'est une cave dansante, pas un plan chelou dans un garage souterrain). J'avais dîné chez mon amie June et nous avions décidé d'aller bouger un peu pour évacuer le surplus de gin tonic concombre absorbé avant, pendant et après le repas. Nous nous retrouvons donc dans ce bar, je commande une bière et, une idée brillante n'arrivant jamais seule, m'empare du paquet de tabac de mon voisin de comptoir pour me rouler une clope. Je n'y suis évidemment pas parvenu, ce qui ne m'a pas empêchée de la fumer dignement (enfin, à ce moment-là je me sentais très digne. J'imagine qu'il faudrait demander ce qu'ils en pensent à ceux qui m'ont vue enflammer cette vilaine petite saucisse de tabac et de papier déchiré, et tirer dessus en faisant mine d'ignorer que le filtre m'était resté entre les lèvres). Forcément, le propriétaire du paquet a engagé la conversation, mais la seule chose dont je me souviens est que je hurlais dans ma tête GARDE LES YEUX OUVERTS. MAINTIENS TON CENTRE DE GRAVITÉ AU DESSUS DE TES PIEDS. SERRE LES DENTS SINON TU VAS VOMIR. IL NE FAUT PAS VOMIR. GARDE LES YEUX OUVERTS, etc. Après je ne sais plus trop, j'ai bu plein d'eau glacée, je suis restée assise une demi-heure dans un canapé avec la certitude que j'avais été droguée à mon insu et que j'allais mourir ici puis me faire violer par des Turcs nécrophiles, et finalement la brume s'est dissipée d'un coup, je me suis levée et pour fêter mon retour parmi les vivants, je me suis jetée sur la piste de danse avec June. Entre deux chorégraphies, j'ai senti que quelqu'un me touchait l'oreille, je me suis retournée, prête à me battre (rappel pour ceux qui prennent l'émission en cours : j'avais bu), mais c'était juste Qhiliqq qui me glissait une touillette phosphorescente dans les cheveux avant de disparaître dans une autre pièce. D'accord, pourquoi pas. En émergeant de la cave, nous apercevons Qhiliqq à une table, il nous tient le crachoir une petite heure, il est plutôt sympa, je ne sais plus de quoi on a parlé mais le lendemain il y a un aigle et toutes sortes de gribouillages au dos d'une de mes partitions.
Je retrouve son numéro dans un bouquin. Toute cette histoire m'amuse, mais je ne sais plus à quoi ressemble Qhiliqq. Je ne sais pas quoi faire. Je ne suis pas encore habituée au célibat. Alors sans trop réfléchir, j'envoie un message à Qhiliqq. Evidemment, là c'est le moment où tu te mets à hurler que jamais je n'aurais dû faire ça, que c'est une erreur de débutant, qu'il ne faut jamais recontacter quelqu'un dont tu n'arrives même pas à te souvenir s'il était blond un brun. Ben il fallait hurler plus tôt. En tout cas, maintenant, je sais.

Qhiliqq
Je lui ai donné rendez-vous au Kuschlowski, un petit bar de la Weserstraße. J'entre, il fait chaud, sombre, la fumée est épaisse, j'aperçois un garçon seul à une table. En anorak. Il lève les yeux et me sourit. Gyrophares dans ma tête. Tout me revient. Les yeux vitreux et mi-clos. La mâchoire pas étanche. Les cheveux à l'abandon. La sempiternelle barbe mal rasée. Le pull douteux. Je ne peux plus reculer. Je m'arme d'une bière et vais m'asseoir. Il me salue d'une accolade très insistante, comme s'il sentait que je suis prête à profiter de la moindre baisse de son attention pour m'enfuir par la bouche d'aération des chiottes. Il me pose une question, je réponds par une anecdote factice, silence. Je lui pose une question, il me raconte ses problèmes de santé, silence. Et ainsi de suite. Qhiliqq n'a rien à dire. Il n'a aucune opinion, rien ne le passionne, il étudie un truc chiant qui contient "pädagogik" et auquel je n'ai rien compris, il a le charisme d'un moule à manqué. Après une heure où j'apprends tout de la trachéite, de l'orgelet infecté et des dents de sagesse de Qhiliqq, mon portable sonne, c'est June, ma sortie de secours, ma bouée de sauvetage, ma luciole de Neukölln, elle hurle dans le téléphone MARIE, OU QUE TU SOIS, QUOI QUE TU FASSES, INTERROMPS TES ACTIVITÉS, IL FAUT QUE TU VIENNES IMMÉDIATEMENT, JE SUIS EN DANGER DE MORT. Je laisse Qhiliqq finir le résumé de son projet de mémoire sur les assistants sexuels pour handicapés et prends congé de mon air le plus navré. Je n'échapperai pas à une dernière accolade affectueuse.
Un peu plus tard, alors que je raconte ma soirée à une June hilare, je reçois un sms de Qhiliqq : J'ai passé une soirée formidable :-)


Qu'est-ce que je peux répondre à ça?



mardi 5 mars 2013

Cadeau d'amour !

Les amis, j'ai un chiffre rond à fêter. Pour l'occasion, j'ai mis tous vos noms dans mon chapeau de Maigret, et de ma blanche main gauche aux longs doigts burinés par les Exercices de Brahms, j'en ai tiré quatre (des noms, vous suivez toujours?). 
Les heureux vainqueurs figurent sur la liste anagrammée ci-dessous et remportent chacun, oh liesse, une carte postale! Si vous reconnaissez votre nom (j'ai pris tels quels vos patronymes facebook), envoyez un mail avec vos coordonnées à miracle.cacao@gmail.com.
Des volées de bisous à vous tous !


lundi 4 mars 2013

Zweitausendzwölf - 6

Juillet. Un cataclysme à Sète.




vendredi 1 mars 2013

Rencard

Il y a un mois, dans une cave de Neukölln, un garçon a dessiné un aigle au dos de ma partition de la fugue en sol mineur pour 4 mains de Mozart, m'a glissé un tube fluorescent dans les cheveux d'un air entendu et m'a noté son numéro sur la première page d'Eugène Onéguine. Il était blond, moi outrageusement maquillée, et ce soir nous nous revoyons à jeun. Comment je me sens? Oh, détendue, super relax.