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lundi 1 septembre 2014

Au grand loto de l'univers...

C'était déjà la fin de l'été dans le village de mes parents. Le VW One Club, une congrégation locale d’aficionados des vieille Golf, avait privatisé le parking de l'école primaire pour y installer une buvette, un groupe vaguement rock (les Purple Velvet) qui carburait aux reprises de tout et n'importe quoi tant que ça avait été disque d'or, et une flopée de vieilles bagnoles plus ou moins rutilantes devant lesquelles tata se faisait prendre en photo, elle avait sorti ses talons en léopard pour l'occasion, ceux qu'elle avait trouvés en soldes chez Josette Nagel à Puttelange deux étés plus tôt mais qu'en fin de compte elle ne portait jamais à cause de son hallux valgus, et puis là elle s'était dit que c'était enfin le moment de les étrenner, alors forcément, c'était pas commode sur le terrain vague avec tous les terriers de musaraignes et de campagnols, mais bon, elle faisait son petit effet, ça rendrait bien sur les photos, et peut-être même qu'elle se ferait taguer sur la page facebook du club automobile. Il y avait plein de bouledogues français, un lapin domestique tenu en laisse qui pissait épisodiquement dans les bras des enfants qui voulaient lui faire des caresses, beaucoup de blonds habillés en cuir et un certain nombre d'hommes à bananes vaguement rockabilly. Et au cœur des événements, sous la tente, si tu cherchais bien entre les kékés et les innombrables petits-cousins de kékés, tu pouvais m'apercevoir en train de boire un Picon avec un vieux camarade qui me racontait ce qu'étaient devenus les autres enfants de notre classe.

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lundi 14 octobre 2013

Interlude en gribouillis à Paris

Pour ce 200ème article, je me déguise en blogueuse bédé avec des vraies taches de beurre sur mes dessins.

 





mercredi 2 octobre 2013

L'automne, loin

Il fait nuit. Papa coupe en lamelles les cèpes qu'il a ramenés de la forêt, maman surveille la cuisson des knödel. Malgré la hotte qui tourne à plein régime, l'air est moite et la vapeur se condense en grosses gouttes sur la fenêtre. Le clapotis de l'eau qui bout, le vrombissement du moteur de la hotte, les oignons qui crépitent dans le beurre, le bruit du couteau de papa sur la planche à découper, la quinte de toux de maman. Soudain, à la radio, Charles Trénet. Papa se met à chanter doucement en grattant la terre des champignons, maman fredonne, des écailles dans la voix : "il pleut sur les ardoises, il pleut sur la basse-cour, il pleut sur les framboises, il pleut sur mon amour".

dimanche 15 septembre 2013

vendredi 28 juin 2013

Le nouveau camion à Mickaël


PS : je vous laisse encore une semaine pour participer au concours. Le ouikène prochain, je ramasse les copies. D'accord?

samedi 8 juin 2013

La Netrebko, la pluie et le sexisme à Munich

"Von hinten dachte ich, Sie wären die Netrebko!" ("De derrière, j'ai cru que vous étiez la Netrebko")
(il est ici fait allusion à Anna Netrebko, qui est une chanteuse d'opéra)

C'est ainsi que m'a abordée Heribert (prénom modifié par la rédaction) (j'ai toujours rêvé de faire une parenthèse qui disait "prénom modifié par la rédaction") (un rêve se réalise), docteur en musicologie et critique pour la Süddeutsche Zeitung et la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Nous sommes à Munich, au Prinzregententheater, il n'est pas loin de minuit. Mon ami Oussama a décroché une énorme bourse de la fondation Siemens pour son travail de compositeur, la cérémonie s'est achevée dans la liesse par une pièce sautillante de Ligeti, à présent tout le gratin s'est rassemblé au rez-de-chaussée, dans une grande salle au beau parquet où le vin coule à flots, arrosant d'euphorie les échanges de cartes de visites et de compliments hypocrites qui accompagnent l'élaboration de projets sans lendemains. Heribert est trapu et rubicond, il n'en a rien à secouer des lauréats et me concède, hilare, que bien sûr, il n'est là que pour le pinard et les jolies filles (clin d'oeil et sourire humide). Je luis dis que moi aussi, et il s'extasie : "En plus d'être une très jolie pièce de mobilier, vous parlez merveilleusement bien allemand! Mes compliments mademoiselle!" (clin d'oeil bis). Je lui renvoie une remarque cinglante, ma répartie l'excite, je vois dans ses yeux son caleçon qui devient trop étroit, il me présente à ses amis, un petit chauve violacé à la peau écailleuse et un responsable de marketing en chemise de soie rose qui se penche sur mon cou pour me renifler et pousse un grognement de plaisir. Je joue le jeu de cette harde de vieux gorets en m'appliquant à minauder comme il faut, ce qui m'offre le privilège de participer à une discussion d'une demi-heure sur le monde de la musique classique où les moqueries racistes le disputent à un sexisme troupier désarmant de sans-gêne. La fascination finit par céder la place à l’écœurement et je me retourne pour aller retrouver Oussama, trois paires d'yeux torves collées au cul.
A part ça, j'ai aussi pris plaisir à faire des choses plus normales à Munich, j'ai mangé de la papaye pour la première fois de ma vie, j'ai pris un bain en regardant Qatar TV, je me suis promenée au bord d'une Isar déchaînée comme un torrent de montagne, j'ai visité le cabinet de curiosités de Karl Valentin, j'ai été émue aux larmes devant une Vierge de l'Annonciation dans la Alte Pinakothek, j'ai découvert le War Requiem de Britten et, bien sûr, j'ai bu de la bonne bière.

"Baignade interdite"

samedi 6 avril 2013

Une découverte sensationnelle

La semaine dernière, en farfouillant dans les étagères de la librairie BD Spirit (10 rue Ramey) (à Paris) (allez-y, le type qui s'en occupe est une crème) (et il sait absolument tout sur les mouvements contestataires d'extrême-gauche dans le Japon des années 60) (et ce n'est pas un geek pouilleux, il est très propre sur lui et a la barbe bien taillée) (et tout près de là, rue Muller, il y a les Editions Baleine) (va voir leur vitrine, si tu es dans le coin et que tu aimes les naturalisations farfelues), je tombe sur une magnifique affiche sérigraphiée de Pierre La Police. C'est la première fois que je vois un aussi grand format de lui, j'en ai des palpitations, et puis en même temps je me bidonne, à cause du mot "bonbongle", tu comprends. Malgré mon regard enfiévré et mes supplications, le tenancier de la boutique reste ferme : l'affiche n'est pas à vendre. Je la contemple pendant de longues minutes, j'en apprends les lignes pas cœur, et puis je répète "bonbongle" dans ma tête, en boucle, comme un mantra, dans l'espoir que Pierre La Police surgisse d'un tiroir. Bizarrement, rien ne se passe. Dentelle a trouvé un beau dessin, moi j'ai choisi deux bds avec plein de texte et de rigolade pour résister au printemps berlinois (2° à l'heure où je vous parle), on paye joyeusement et on s'en va manger un coq au vin (SUCCULENT!) pour fêter ça.
Deux jours plus tard, je me promène dans le XVIème (oui, parfaitement), et regarde ce que je découvre dans la rue Paul Delaroche : 



jeudi 4 avril 2013

TER et Sprechgesang

Entendu dans le TER Strasbourg-Sarreguemines, il y a deux semaines (je suis complètement d'accord avec toi, ce dessin est bâclé. Pour me faire pardonner, je t'ai retranscrit le texte à la manière d'Arnold Schoenberg, en sprechgesang, pour que tu puisses le reproduire chez toi).

("Aujourd'hui, Place de l'Etoile, ils ont fait la grève!")

jeudi 21 mars 2013

Zweitausendzwölf - 7

Après le cataclysme, quelques visages d'amies, en petite tenue sur un ponton de l'étang de Holving, avec des tartines de beurre liquide sur la terrasse du Roi et son Fou à Strasbourg et dans un jardin kreuzköllnois (pour toi qui ne vis pas dans la capitale du monde, c'est un coin à la jonction de deux quartiers qui se disputent la palme de la décontraction bohème, Kreuzberg et Neukölln). J'ai du henné dans les cheveux et quelques projets sur le bout de la langue.
(Au fait, à partir de demain je suis en France pour une semaine et demie, sisi la famille, coucou les amis et tout. Pas d'anecdotes berlinoises avant début avril, donc. Mais j'ai quelques bricoles vraiment intéressantes en stock histoire que tu te languisses pas trop d'ici là. Tu veux une mise en bouche? D'accord, il y aura de la chanson russe dans un corps sain, du site de rencontres et, évidemment, de la bite. Bisou)





lundi 4 mars 2013

Zweitausendzwölf - 6

Juillet. Un cataclysme à Sète.




vendredi 15 février 2013

Zweitausendzwölf - 4

Avril. Quatre jours à Paris mettent en branle un truc étrange en moi, que j'identifie avec stupeur, quelques mois plus tard, comme ma cérémonie d'entrée dans l'âge adulte. Les protagonistes, témoins ignorants et figurants de cette révolution sont, pêle-mêle, un professeur de pédagogie du CNSM, une coiffeuse de la rue Tiquetonne, les danseurs du Sacre du Printemps par Pina Bausch, une pianiste aux auriculaires crochus, un journaliste pas blasé (c'est tellement rare), un agrégé de lettres qui ne l'était pas encore, une Italienne qui ressemble à Marion Cotillard, des pâtes aux brocolis et au jus d'oranges, Kurt Vonnegut et une soprano bulgaro-russe.
Merci à eux tous.






lundi 11 février 2013

Zweitausendzwölf - 3

Début mars, ou fin février, je ne me souviens plus exactement (oui je sais, il suffirait de jeter un oeil aux archives de mon blog pour dissiper le doute, mais j'ai sommeil) - une journée à Hambourg.




vendredi 18 janvier 2013

On prend les mêmes, on leur met des combinaisons en cuir et on recommence.

Hey, lectorat!
C'était juste pour dire que je suis bien rentrée de vacances. Et que, honnêtement, je suis un tantinet marrie de voir que tu n'as pas réagi à mon cri de détresse et que je n'ai pas un seul petit abonné de plus qu'il y a un mois. Après tout ce que j'ai fait pour toi. Allez, je suis pas fâchée, va. Je continuerai de poster des histoires. Je ne te raconterai pas mes aventures en Amérique du Nord, parce que ça serait hors sujet, mais en attendant de nouvelles péripéties berlinoises, regarde cette affiche savoureuse aperçue à New York, en me baladant dans Lexington Avenue.

jeudi 15 novembre 2012

Repos

Rentrer pour deux jours en France, chez mes parents, c'est comme faire glisser lentement le poids du métronome le long de la tige jusqu'à 52 et ne battre plus qu'au rythme des quatre "On mange!" quotidiens, oublier que j'ai des élèves, un projet de typographie à remanier, des histoires de pirates à inventer pour une comédie musicale, les répétitions de musique de chambre sont loin, les listes de vocabulaire italien n'ont pas tant d'importance que ça et les arpèges fragiles de mon prélude de Rachmaninoff peuvent bien attendre un peu. Je me réveille quand j'ai assez dormi, et je n'ai qu'à mastiquer ce qu'on me met dans l'assiette. L'emploi du temps qui quadrille mes pensées s'évapore à mesure que le TER s'enfonce dans les villages en "-ingen" et en "-hausen" et dans ma tête vidée résonnent pêle-mêle quelques fragments mélodiques - le deuxième thème de la Symphonie Concertante de Mozart, le dernier mouvement du quatuor en sol mineur pour piano et cordes de Brahms, la basse de As tears go by des Stones. Ma mère me parle de ses cours sur Gryphius et de ses élèves mongoloïdes, mon père me raconte qu'untel, alors qu'il venait tout juste de faire l'acquisition d'un tracteur et d'une remorque pour transporter les stères de bois qu'il avait achetés l'hiver dernier dans la forêt communale et qu'il comptait revendre le double de leur valeur à des vacanciers allemands naïfs, a subitement décidé de partir vivre dans moulin en Corrèze déniché sur Leboncoin, et pendant ce temps tout ce bon bois qui pourrit alors que cet abruti l'a payé, quel gâchis. Mémé a découvert une recette de pâte à tarte révolutionnaire qui ne contient que quatre cuillères d'huile et me séquestre dans la cuisine pour me faire l'apologie de son robot ménager, pépé pouffe derrière son Chasseur Français. Je vais aller déchiffrer quelques préludes de Samy Moussa et ce soir je prendrai un bain.

mercredi 11 juillet 2012

Presqu'Urlaub

Dans 6 jours je serai à Sète, il fera chaud, peut-être que je me mettrai en bikini, faut voir. J'irai manger des trucs à base de poisson et de fruits de mer même si je ne m'y connais pas trop en fruits de mer. Je sais que je n'aime pas les moules, ça date du collège de Sarralbe, il  avait toujours une tablée de connards (je dis ça rétrospectivement, parce qu'en fait c'étaient les garçons les plus populaires du collège, ceux dont toutes les filles étaient amoureuses, mais bien sûr, moi aussi, parce qu'ils portaient des Fila et qu'ils avaient une moyenne générale jamais supérieure à 11) qui triaient les moules de la paella et se les jetaient les uns sur les autres. Pourquoi est-ce qu'on admire ce genre de pelles à merde quand on a 11 ans??
En tout cas, à Sète, je prévois de passer beaucoup de temps à me badigeonner de crème solaire et de laits hydratants qui sentent bon, je n'utiliserai pas de sèche-cheveux, on fera quelques escapades en mobylettes avec mon chéri, peut-être qu'on essayera de trouver la maison de Robert Crumb pour lui glisser un petit mot sous la porte ("aïe laïc queue lote ouate iou doux"), on achètera du jambon, du miel et des bonbons à la lavande au marché et on regardera tous les soirs le coucher du soleil depuis le cimetière marin. Voilà mon programme.
Avant ça, il faut encore faire cours à une élève qui refuse de comprendre qu'on ne peut pas faire de piano avec des faux ongles, accompagner une chanteuse pour son examen de fin de semestre (bonus : elle me paye en fond de teint) et meubler un concert de musique improvisée en maltraitant de manière plus ou moins hasardeuse l'intérieur d'un piano à queue. *
Ouf.

* 19h30 dans le Kammersaal de la UdK (Fasanenstr. 1b, S+U Zoologischer Garten). Venez, ça va être poilant super.

mardi 20 mars 2012

Méli-mélo=Mischmasch

Quelques jours à Paris où j'avais prévu des visites, des observations de cours au CNSM, de musées, tout ça, tout ça, et puis il a fait beau, il a fait chaud surtout, j'ai redécouvert l'air sur mes bras, ça ne m'était pas arrivé depuis combien de temps? Oui oui, je sais bien que cet hiver n'était pas rude, c'était pire l'année dernière, ça n'empêche pas que ce jeudi 15 mars, j'ai réappris à respirer sur une pelouse un peu douteuse des Tuileries. Il y avait même des coccinelles et puis un arabe qui s'est mis torse nu pour faire rire des meufs en jogging (qui ont trouvé ça "dégueulasse"). Pour fêter ça, je suis allée chez le coiffeur (à Berlin j'ose pas), où j'ai appris en lisant Public (oui.) que Karim Benzema sortait avec Jenifer et que la différence d'âge ne le dérangeait pas du tout. J'ai quand même été au Centre Pompidou, où je me suis rendue compte en rembobinant mon film que depuis deux semaines je prenais des photos en oubliant de régler la vitesse d'obturation et que donc il y avait de grandes chances pour que tout soit flou, ça m'a un peu énervée, d'autant que j'avais photographié des gens que j'aime et que je vois pas souvent, mais j'ai pris mon exaspération par les cornes et suis allée me coller dans un coin de la salle où ils passaient en boucle le Sacre du Printemps par Pina Bausch. Je veux pas dire que ça m'a calmée, parce que c'est quand même terrifiant, même au bout de deux fois j'avais des noeuds dans le ventre au moment de la danse sacrale, et puis sur la video on entendait respirer les danseurs, vraiment, quel flip.
Mériteraient d'être aussi évoqués si j'avais du temps : les nems qui sentaient la merde dans un bouiboui de Belleville, un germanophobe qui s'appelle Hans, le cours de sciences de l'éducation qui a changé ma vie, des pâtes aux brocolis, aux graines de fenouil et au jus d'oranges, une interview bleue de Sébastien Tellier, la découverte, dans Slaughterhouse Five, du mot flibbertygibbet, des blancs dans une conversation où il aurait fallu dire "tu as une feuille de menthe collée sur la dent" mais où j'ai préféré laisser passer les anges et me réjouir d'un gag qui ne me faisait même pas rire parce que malgré ma nouvelle coupe de cheveux je suis toujours une gamine, et le trajet à pied vers la Gare du Nord à 4h30 du matin, après pas mal de bière et une sieste un peu trop courte.
Enfin, l'art urbain de notre capitale n'a rien à envier à Berlin :

enlever des dents aux gens et leur griffonner des bites
dans la bouche (ici sous une forme tellement rudimentaire
qu'elle touche à la perfection) , est-ce que ce ne sont pas
les graffiti les plus vieux du monde?


jeudi 1 mars 2012

Des petites excursions

Ben oui, figurez-vous que j'étais pas mal en vadrouille. Depuis un an et demi que je suis à Berlin, il y a une chose que je commence à apprendre : faire fi du mauvais temps. L'année dernière, à force de me dire "ça, je ferai quand il y aura de nouveau des feuilles aux arbres", ou "quand il fera plus beau", ou "quand il fera plus chaud", "ou quand la neige aura fondu", j'ai pas fait grand'chose finalement. Et le coup du mauvais temps, ça permettait de me dédouaner très agréablement de ma paresse, de me dire que si, par exemple, l'expo des portraits de la Renaissance m'était passée sous le nez, c'était un cas de force majeure, il faisait beaucoup trop froid et humide pour faire la queue sur un pont venteux pendant une heure et demie, et ça n'avait absolument rien à voir avec ma propension à oublier complètement le temps qui passe quand je regarde des porc-épics qui ont le hoquet (c'est un exemple pris au hasard) (je n'ai pas VRAIMENT passé des heures à regarder des vidéos de porc-épics qui ont le hoquet) (...).
Alors maintenant, en 2012, je ne suis plus frileuse, en voilà des preuves :

- j'ai été à Hambourg, voir les expos Max Liebermann et Louise Bourgeois, j'ai traîné sur la Reeperbahn, qui baignait et dans la flotte et dans une odeur presque insupportable de merde (après les vapeurs de couches pleines à l'expo Liebermann, moyenne d'âge : 60+, je vous raconte pas la nausée. Je n'ai pu avaler qu'un müesli à midi), et puis j'ai fait un petit tour chez Urban Outfitters, où j'ai été confrontée à une peinture qui m'a laissée perplexe, une espèce de mise en abyme de second degré. En gros, UO, pour ceux qui connaissent pas, c'est le temple du hipster, c'est bourré de gens prêts à débourser 60€ pour un t-shirt qui a l'air de venir d'une friperie, ça se la joue un peu décalé, on vend du ringard tellement ringard qu'il est hype, mais comme c'est du faux ringard, enfin du ringard neuf qui fait juste semblant d'être ringard pour être hype, ben c'est de nouveau ringard. C'est clair ce que je dis? Non? Bon. En tout cas, afficher et encadrer un truc comme ça dans un UO, je trouve que ça revient à s'auto-flageller avec son caleçon imprimé zèbre. Ça me fait cet effet là.

- et puis j'ai enfin mis les pieds au Neues Museum, où j'ai vu une jolie frise pleine d'animaux et de bites

- et j'ai atterri par hasard dans une mansarde du Moabit (un quartier bientôt branché au nord-ouest de la ville. Ou autrement dit : Moabit sera bientôt le nouveau Neukölln qui est le nouveau Kreuzberg qui est le nouveau Prenzlauer Berg. C'est clair? Non plus?), dans laquelle des hommes habillés en femmes, des femmes habillées en putes, des vieilles à moustache et des enfants dansaient tous ensemble sur du reggae. Et sur le chemin, j'ai vu la belle vitrine que voici :


Pour l'instant, c'est tout.

lundi 16 mai 2011